29.12.2009
11 - Un retour cahotique
Juste un petit mot à tous nos lecteurs pour leur indiquer que nous sommes rentrés à Paris le 4 février 2009, jour de la Ste Véronique. C’était urgent ; elle avait pris, avant le départ, un rendez-vous avec ses copines !
Après avoir récupéré nos bicyclettes à Burgos, nous sommes arrivés en train à Irun dans les heures qui ont suivi le passage de la tempête du 24 janvier, nous valant du vélo sous la pluie et le vent entre les troncs d'arbres et les tuiles cassées entre Fontarrabie et St Vincent de Tyrosse (photos ci-jointes !), où l'électricité n'est revenue que 8 jours après l'apocalypse.
Nous avons profité pendant 4 jours d'un repos que nous estimons bien mérité pour visiter Bordeaux, ville que nous ne connaissions pas du tout, et ce par une météo presque printanière.
Après être parvenus à prendre le TGV pour Tours avec nos bicyclettes, l’hiver nous y a violemment heurté avec une lumière glauque et une glaciale pluie verglaçante. Il m’a fallu des trésors d’optimisme pour nous empêcher d’acheter tout de suite des billets de train pour le TER de Blois !
Récompense éblouissante au lever du jour : non seulement « grand beau grand bleu » mais le froid a conservé le verglas d’hier, qui étincelle de mille cristaux accrochés aux haies comme aux fils, aux arbres comme aux prés. La féérie … et le froid, nous permettront d’avaler plus de 80 kms avant la tombée du jour. Nos derniers coups de pédales nous mènent aux Bichetières, perdues au milieu des bois de Chambord, où nous rejoint notre tante Christine de Larminat, et où nous laissons nos bicyclettes. Le lendemain, en train vers Paris, la campagne a retrouvé sa grisaille embrumée. Heureusement, nos cœurs sont encore chauds et lumineux de trois mois de vadrouille pour affronter le retour sur la table d’opération.
N’hésitez pas à nous laisser un commentaire avec vos coordonnées email si vous souhaitez nous poser des questions sur notre équipement et/ou notre itinéraire
Ci-joint un tableau récapitulatif de nos pérégrinations ! : SJBB-St Jacques.xls
La suite de nos aventures sur http://lesperrinchapitre2autourdelamediterranee.blogs-de-...
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21.01.2009
10 - Et nous voila a St Jacques de Compostelle
Et nous voilà à St Jacques de Compostelle, Sant Iaco de Compostella, province de Galice, a l’extreme Nord Ouest de l’Espagne, terminus de ce premier voyage, la pluie glacee ayant remplace la neige, pour deposer aux pieds de St Jacques, lors de la "messe des pelerins", les multiples intentions dont nous etions porteurs.
Quelques mots d'abord, apres deux semaines passees en dehors du “chemin” a proprement parler, sur ces belles et grandes villes a la personnalite bien marquee qui nous ont accueillis avant d’arriver ici :
- Vitoria la basque industrieuse, où la ville des bureaux enserre le vieux centre historique, butte romaine situee sur la Via Aquitana de Bordeaux a Astorga : les gens presses semblent ne s’y nourrir que de tapas (et d’iberico !), certes delicieux, mais qui ne forment guere un “repas” pour nous autres extranjeros ;
- Burgos, capitale de la Castille du temps de la reconquista contre les musulmans, titre qu’elle perd des 1492, a la fin de la guerre, et qu’elle semble toujours avoir la nostalgie d’avoir perdu ; c’est a Burgos que Franco avait etabli ses quartiers generaux pendant la guerre civile, quelques annees apres avoir matar la rebellion ouvriere d’Oviedo, un peu plus loin vers le Nord. L’ambiance en garde des traces. Neige et froid quand nous y etions nous ont permis d’admirer les collections de visons de ces dames de Burgos ;
- Leon semble quant a elle ne montrer aucun regret de ne plus etre capitale d’un royaume qu’elle pretend s’etre etendu jusqu’au Rhone ; 130.000 habitants decomplexes, de leur cathedrale “française” (sur le modele de Reims) et d’avoir su tirer profit depuis 2.000 ans de l’exploitation des mines de la region d’Astorga.
Pas plus qu’a Santiago nous n’avons croise dans ces villes des etrangers “installes”, ce qui nous a beaucoup change de notre colline de Belleville : ni pizzeria, ni brasserie telle qu’on en croise dans toute l’Europe du Nord, ni restaurant français ou meme asiatique, encore moins de restaurant turc, libanais ou “arabe”. A peine avons nous croise quelques immigres d’Amerique latine ; et le seul “arabe”, en banlieue de Lèon pres de la gare, chez qui Veronique soit entree pour acheter une bouteille d’eau a failli la mettre a la porte… N’avais-je pas lu pourtant quelque part qu’il y avait en Espagne trois fois plus d’etrangers qu’en France ? Ou sont-ils donc ?
En revanche, et meme si d’une façon tres differente de l’Italie, les rues de ces villes espagnoles ont un don tres particulier d’etre accueillantes, notamment avec ces personnages, souvent en bronze, artistiquement fondus dans le paysage, ou bien tous ces cafes ou l’on peut manger sur le pouce a toute heure.
Nous devons avouer que ces deux dernieres semaines depourvues des temps de pause inherents aux deplacements a la seule force de nos jambes nous ont satures d'images, qu’il nous faudra du temps pour decanter et assimiler ! A Santiago, nous sommes donc restes un peu plus longtemps que d’habitude dans la chambre ou au café Internet… et l’envie a commence de furieusement gratter Veronique de louer un appartement pour quelques jours, pour pouvoir y faire ses courses, sa cuisine, etc... et y vivre non pas comme des touristes mais comme des habitants : je commence ici a le sentir mieux, notre projet de sejourner dans des « villes mythiques » !
Il y a juste deux points sur lequel Veronique demande a nos lectrices de bien vouloir faire travailler leur imagination ; elle recherche d’une part des idees de tenues nomades plus variees, plus feminines, plus chic, plus class, et plus couture - Merci d’avance ! Et d’autre part, a propos de sa trousse d’aquarelle qui l’a accompagnee jusqu’ici, elle se demande a partir de quel degre d’oisivete nait l’esprit creatif : des idees ?
Pour en revenir a Santiago a proprement parler, je dois reconnaître que si « l’invention » de sa sepulture au Xeme siecle est vraiment, sur le plan historique, d’authenticite parfaitement douteuse, en revanche, la constance emouvante, depuis plus de mille ans, de ces pelerins qui viennent jusqu’ici a quelque chose d’etonnant, et semble empreinte d’authenticite. Encore qu’il ne soit pas facile d’en juger si l’on creuse en nous meme nos propres motivations a entreprendre cette aventure…. ou bien qu’on y ajoute les raisons que peuvent avoir les lecteurs de ce blog d’avoir la patience ou l’envie de continuer a nous lire. Vraiment, on nage en plein mystere !
Le mystere s’epaissit quand on ajoute a ces reflexions, pour ceux qui ne m’ont pas encore lache, le fait qu’il faut etre en Espagne pour decouvrir que Sant Jaquo (dans la lignee de Leon, Burgos, la Reconquista, puis la purete de la foi catholique et du sang español mises en œuvre par Isabelle et Ferdinand, puis Franco…), que St Jacques, donc, est ici tres represente en « Matamore », ou « Tueur de Maures », a cheval, avec des Arabes ecrases sous ses pieds. Ce qui peut, notamment apres les attentats de Madrid du 11 mars 2004, nous faire facilement passer de Franco a la guerre des civilisations chere au Pt Bush. Ou « du danger d’adopter les symboles du passe pour notre propre histoire » ! C’est ce meme danger qui nous est apparu dans l’eclectisme de la manifestation contre Israel a Gaza dont vous verrez quelques photos : on y trouve melanges dans un etonnant coktail l’autonomisme galice, le sentimentalisme pro palestinien, l’antisionisme, les communistes…
Nous nous appretons maintenant a quitter ces lieux tant esperes. Y venir nous aura ouvert des espaces de liberte inattendus par la decouverte de ces deux modes de transport a part entiere qui nous etaient inconnus auparavant, la marche a pied et la bicyclette (sans parler du « train avec velos accompagnes », que nous pensons mieux pratiquer pour notre retour a Paris !) : voila des horizons nouveaux aux nomades que nous esperons devenir !
A bientôt a Paris, ou au moins sur ce blog !
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19.01.2009
9 - Neige encore a Burgos, neige toujours a Leon
Ce n’est certes pas aujourd’hui tout a fait, et depuis pres de deux semaines, le “chemin” que nous avions prevu ! La neige et le froid nous ont en effet interdit toute progression par nos propres moyens.
Et je les vois venir, ha, ha, tous les augures de la 25eme heure : mais que diable sont-ils venus faire dans cette galere ? Dans leur pietre equipement, loin de chez eux, a l’etranger, en cette saison, avec ce programme debile ? Moi, a leur place ...
He, He, mais d’abord, on n’est plus a votre place ! Ensuite, il faut bien savoir prendre quelques risques. Et enfin, vous n’avez pas bien compris ce qu’on vous a dit depuis le debut : on veut d’abord apprendre a devenir nomades ; cheminer vers St Jacques est d’abord pour nous une leçon de nomadisme ; et la, nous sommes servis !
Deux semaines en effet que nous avons gel et neige sous les yeux, que les journaux annoncent des records de froid (< - 10º), et que les hoteliers nous confirment que, si la neige n’est pas inhabituelle en cette saison dans la “Meseta” (cette grande plaine cerealiere du centre de l’Espagne), elle est cette annee venue tres tòt, et reste longtemps. Plusieurs de nos hotels n’etaient pas equipes d’un chauffage a la hauteur ! Un peu naivement, je m’etais dit qu’une altitude moyenne de 800 m, dans un climat presente par le Michelin comme proche de celui de la Bretagne, mais 1.000 km plus au sud, ne devait pas presenter de difficultes insurmontables. Eh bien non : quand on y ajoute une meteo peu fiable, l’exercice serait devenu reellement dangereux.
Dimanche 11 janvier par exemple, il faisait grand beau a Burgos, avec - 7º, et nous avons sorti les velos pour aller aux monasteres de Las Huelgas et Miraflores a moins de 10 km de l’hotel. Lundi, le soleil a fini par emerger des brouillards givrants, et la meteo annonçait un rechauffement pour les trois jours suivants. Nous avons donc declare le branle bas du redemarrage, reserve nos hotels a Fromista et Sahagun pour aller jusqu’a Leon en velos, verifie les itineraires sur Google Map, refait les sacs et les provisions et mis le reveil avant l’aube .... pour nous reveiller sous une nouvelle couche de neige de 10 cm... A quelques heures pres, nous pouvions etre “pris”... Nous avons donc laisse les velos a Burgos, et pris le train pour Leon, en esperant avoir l’occasion de nous remettre en route a la premiere fenetre meteo. Mais en vain ! Car on n’y a pratiquement pas vu le soleil, n’avons meme pas pu aller marcher quelques heures sur le “camino” tout proche, et le thermometre n’est repasse au-dessus de 0º que le jour de notre depart.
Alors, en bons petits nomades debutants, qui revaient en outre de decouvrir le monde en “vivant quelques mois dans des villes mythiques du monde”, nous en avons profite pour commencer par quelques jours a Vitoria, Burgos, Leon ... en ayant un peu l’impression, certes, de n’y voir le “chemin” qu’en vitrine, mais en decouvrant une Espagne que le pelerin n’a sans doute que peu souvent l’occasion de decouvrir : quel plaisir d’etre sous la couette dans un 5* (le Parador de San Marcos a Leon, au prix d’un 2*, avec 185 chambres meublees d’epoque, dans un hospice pour pelerins du XVeme, avec cloitres et eglise gothique), sans autre perspective que l’attente du degel ! Les decouvertes du nomade se font tout aussi bien a l’arret qu’en deplacement !
Sans doute a bientot de Santiago !
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